Mouchés mais pas coolés ...
Fatigué d’avoir tenté en vain de s’évader
Usé de se heurter à la toute puissante volonté
Comme une mouche collée aux carreaux
Tu regardes passer les oiseaux
Et tu te mets à rêver
Comme le ferait un entaulardé
Tu te vois roi, prince ou artiste
À fond, tu dévales les pistes
Fumantes et délirantes de ton imagination
Le salut est dans la fuite de la raison
Le fou est incontrôlable
Il ne s’assoit pas à la table
Alors TOI tu veux vivre debout
Rejoindre la marginalité, risquer tout
Trouver la mouche qui pique
Comme celle du mouvement psychédélique
Née de la rencontre d’une ancêtre aborigène
Avec la conscience d’un hallucinogène
Qui après avoir pataugé dans une soupe aux champignons
Se prit pour un papillon ...
Folâtrant sur les routes en chantant
Hare Krishna et Viva Donovan
Elle ne tarda pas à être suivi
Par les fidèles de Luther King et de Gandhi
Un tsunami de conscience universelle
Zébra la pensée d’un arc-en-ciel
L’amour se psalmodiait, la paix se faisait prier
Et les mouches se multipliaient sur la route de la liberté
En espérant toujours qu’une main sage
Les délivrent de leurs prisons et de leurs mirages
Le temps eut raison de leur innocence
Certaines font encore pénitence
D’autres ont trouvé le chemin de la liberté
Elles vivraient en paix
Aujourd’hui la mouche qui pique
N’encense pas, elle nous vient d’Amérique
De nature guerrière
Elle a déterré les vieux esprits grégaires
L’évolution vient de la rue
La rébellion la rend bourrue
Plus le pantalon est large
Plus sa tête est barge
Le rap est son credo
Elle est folle de mots
Qu’elle lance comme des pavés
Dans la mare des privilégiés
La mouche rapeuse tape dans le tronc
A la manière d’un bûcheron
Pour faire descendre du cocotier
Les noix creuses et les mauvaises volontés
Qu’elle exhorte à se bouger dans le sens de la liberté
Violente dans ses exigences
La mouche rap joue les objecteurs de conscience
Provocatrice elle lance des défis
« Je vais t’arracher ta vie »
Elle se frotte les pattes
Quand l’orage éclate
Ne craint pas le baston
Encore moins le sermon
Elle aime le brillant
La frime des puissants
À la voir taper sur ses vitres fumées
On se demande qui va exploser le premier
Le mur de ses illusions
Ou son crâne en béton... armé
Hippie ou rappeur
Chacun ses rêves, chacun ses valeurs
Mais le chemin de notre libération
Se fait seul, sans guru ni d’autre raison
Que celle de désirer très fort
Trouver la vie après la mort
La liberté après la prison
Sa vérité après ses illusions
Une touche de folie personnelle
C'est une mouche qui donne des ailes
lamigo