Souffrance et violence sont une
Comme la nuit accompagne la lune
Étroitement liées, on ne sait plus qui est la cause qui est l’effet
Mais ce dont on est sûr c’est que de ce monde, elles sont les calamités
Enfouies à mille lieues sous terre de notre entendement
Leurs racines sont là depuis la nuit des temps
Impitoyablement à la lumière des jugements, elles s’accusent
Avec chacune sa plaidoirie, sa litanie d’excuses
Les preuves sont pourtant accablantes
Souffrance et violence mutuellement s’enfantent
Dans la douleur, elles accouchent du malheur
Un masque d’épouvante qu’on appelle la peur
Des épines remplies de poison
Pour le monde de la raison.
Bien au-delà de nos ressources
L’irrationnel prend sa source
Loin des limites de nos analystes et psys pensants
L’irrationnel insuffle les forces du bouleversement
Broie le monde sensible
La pâte à modeler du possible
Au service d’un destin dont on ignore autant les fins que la fin
Rendons au mystère ce qui lui appartient
Sans que cela puisse altérer les légitimes volontés humanitaires
Qui souhaitent alléger le poids des malheurs sur notre bonne terre
Les hommes se posent des questions
Alors que la bête se soustrait aux interrogations
Souffrance et violence sont-elles bien traitées ?
Les instincts de survie ont-ils droit de cité ?
Mais toutes les solutions face à l’angoissante inconnue
Semblent aussi dérisoires qu’affronter un dragon à mains nues
Violence et souffrance règnent sur l’humanité
Elles ont haute autorité
Chefs de meutes et chefs de guerre
Sont roi et princes sur cette terre
Et nous pauvres soldats attendons tête basse
Que le saint-esprit nous libère de cette horrible crasse
Condamnés à perpétuité
À partager le même boulet
Ne prenons pourtant pas ce constat peu glorieux
Comme une soumission à la dictature de je ne sais quel Dieu
Mais comme une vérité, une règle, frontière incontournable
N’ayant rien à voir avec un quelconque diable
Violence et souffrance sont inscrites dans nos gênes
Comme les tables de la loi dans la psyché humaine
Nos cellules se cannibalisent
Les différences se haïssent
La nature est persécutée
Le monde est maculé
Du sang des animaux
Des vomis alcoolos
Du terrorisme généralisé
D’une société endoctrinée
À l’esclavage sous-jacent
Des parents et de leurs enfants
Les meilleures volontés ont fini au bûcher
Pour des raisons politiques circonstanciées
Jésus fut crucifié
Gandhi persécuté avant d’être tué
On pourrait égrainer un chapelet de bonnes volontés
De Luther King à Rabin, Sadate et combien d’autres « bonnes gens » oubliés
Il n’y a que des postures universelles
Pour croire à une paix surnaturelle
Alors s’il ne reste comme action
Que le rêve et la déraison
Je vous invite tous sous l’étendard du simple d’esprit
À vous battre solidairement contre la violence et la souffrance unies
Après la nuit arrive le jour
Après le mal viendra l’amour




